Autoconsommer, c’est produire soi-même pour sa propre utilisation. Lorsque l’on installe du solaire sur son toit et que les consommateurs électriques du bâtiment utilisent cette énergie, on est autoproducteur et fait de l’autoconsommation.

Le solaire photovoltaïque (PV) a pris un nouveau virage qui est celui de la parité réseau. Lorsque le kWh d’électricité produite par une installation PV est compétitif par rapport à celui du marché, il peut devenir intéressant de produire avec ce moyen et de consommer soi-même sa production. Si l’énergie PV devient économiquement compétitive ou proche de compétitive, elle a aussi un intérêt en terme de couverture du risque sur les futures hausses de prix de l’électricité et permet  gagner une certaine indépendance énergétique.

Cette parité n’est pas la même pour tous les types d’utilisateurs: il y a une parité pour des utilisateurs finaux résidentiels, pour des industriels, pour des distributeurs d’énergie ; chacun ayant des tarifs propres. Pour les particuliers, le choix est d’installer du PV sur leurs toits plutôt que d’acheter au distributeur (GRD) leur électricité. Dans les pays avec un prix élevé du kWh pour un consommateur résidentiel et un coût bas du PV comme l’Allemagne, cette parité réseau a déjà été atteinte en 2011.

Elle est maintenant à parité en Suisse.

Évolution des tarifs PV et des prix de l’électricité pour les particuliers en Allemagne. La parité réseau a été atteinte en 2011 (data BMU).

Mais il faut encore que des conditions cadrent permettant d’utiliser son énergie soit en place, comme le droit d’autoconsommer et un comptage approprié. C’est le cas de la Suisse depuis 2014.

La parité, pour être profitable, nécessite un ensemble de conditions en plus de la simple comparaison du prix/kWh:

  • Le profil de production doit correspondre au mieux au profile de consommation. Toutes non-corrélations devant être compensées par le réseau. Idéalement la charge est toujours supérieure à la production. Des techniques de pilotage de la charge (DSM : Demand Side Management) peuvent être implémentée pour pallier aux différences ou alors du stockage d’énergie par batterie, mais cela ajoute au coût et peut rendre le système non compétitif. Le ratio d’autoconsommation qui est le rapport entre l’énergie consommée directement et l’énergie produite par l’installation PV est un bon indicateur de la corrélation des deux.
  • La relation au gestionnaire de réseau doit être claire car il a un manque à gagner : son réseau est utilisé mais sans contribution de la part du particulier qui n’y achète plus ses kWh. La loi doit fixer ces relations dans un cadre bien défini. Souvent le coût système du PV est négligé et seul le LCOE (Levelized Cost Of Energy) est pris en compte, ce qui ne sera pas correct à long terme. Pour un système durable, les coûts du GRD, devront être pris en compte (tarif d’utilisation du réseau) ou reporté sur les consommateurs payants (ce qui est un subventionnement indirect).

En suisse le prix de l’électricité n’est pas partout identique. Le solaire photovoltaïque en autoconsommation peut donc être plus intéressant dans une commune ou une autre.

Le photovoltaïque rime encore avec RPC (Reprise à Prix Coûtant) pour vous?

Cela est déjà du passé…

Encore disponible pour les installations solaires de plus de 10kW en Suisse, les petites installations n’ont déjà plus cette possibilité. Les prix de l’électricité étant ce qu’ils sont, un soutient est encore nécessaire pour pousser au déploiement de cette énergie propre et il a pris la forme d’une rétribution unique (RU) à l’installation.